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Données sur les feux

Foudre ou activité humaine ? Ce qui a déclenché les feux de 2026 aux États-Unis, État par État

En 2026, l’homme a allumé 7 feux sur 10 de cause connue aux États-Unis. Mais au Colorado, en Utah et au Nevada, c’est la foudre. Les chiffres État par État.

Par Publié 4 min de lecture

Chaque incident que FireRadar suit aux États-Unis comporte un champ « cause » renseigné par l’agence qui le signale. Nous avons extrait tous les feux américains découverts entre le 1er janvier et le 31 octobre 2026 — 34 894 au total — et les avons classés selon leur origine. La réponse nationale ne surprendra pas les spécialistes. La réponse État par État est plus intéressante.

À l’échelle nationale : surtout l’homme

Parmi les feux dont la cause avait été déterminée, 9 544 étaient d’origine humaine et 3 829 d’origine naturelle — en pratique, presque toujours la foudre. Soit environ 71 % d’origine humaine, ou à peu près cinq feux allumés par l’homme pour deux par la foudre. C’est cohérent avec ce qu’on observe en France, où l’on estime que neuf feux sur dix ont une origine humaine, le plus souvent involontaire.

Le chiffre le plus important est celui que la plupart des cartes n’affichent pas : 62 % des feux avaient encore une cause « indéterminée ». C’est normal. Les enquêtes prennent des semaines ou des mois, les petits feux ne font souvent jamais l’objet d’une conclusion officielle, et la cause est généralement la dernière information mise à jour. Lisez donc chaque pourcentage ci-dessous comme une part des feux de cause connue, et non de tous les feux.

D’un État à l’autre, tout change

Graphique en barres de la part des feux dus à la foudre ou à l’homme dans 20 États américains en 2026, de 70 % de foudre au Colorado à moins de 1 % au Massachusetts
États comptant au moins 150 feux de cause connue. n = nombre de feux dont la cause a été déterminée.

Là où la foudre domine

Au Colorado, la foudre a déclenché 70 % des feux de cause connue. L’Utah (58 %) et le Nevada (57 %) comptent eux aussi plus de feux de foudre que de feux humains — les trois seuls États du graphique dans ce cas. L’Arizona et le Nouveau-Mexique (46 % chacun) sont proches de l’équilibre. Ce sont des États aux vastes forêts et parcours d’altitude isolés, exposés aux orages d’été — y compris les orages « secs », qui produisent de la foudre sans que la pluie n’atteigne le sol. La mousson du Sud-Ouest, qui commence en général fin juin ou en juillet, accentue le phénomène. Hors de l’Ouest, la Floride (48 %) se distingue : c’est l’État le plus foudroyé du pays.

Là où l’homme allume presque tout

À l’autre extrémité, le Massachusetts (3 feux de foudre sur 352 de cause connue), le Wisconsin (16 sur 686), le Maine (4 %), le Minnesota (5 %), l’Oklahoma (6 %) et le Texas (7 %) ont enregistré presque uniquement des feux d’origine humaine. Plus de gens y vivent au contact de terrains combustibles, et beaucoup de ces feux sont des feux d’herbe et de broussailles au printemps, avant la reprise de la végétation, quand brûlages de déchets, engins et véhicules sont les coupables habituels.

Entre les deux

Le Nord-Ouest se situe au milieu : Oregon à 32 % de foudre, Montana à 28 % et État de Washington à 23 %. Un seul orage peut y allumer des dizaines de feux en une soirée, mais bien plus de gens vivent et circulent près des forêts que dans l’intérieur de l’Ouest.

Ce que ces données disent — et ne disent pas

  • Dix mois, pas une année complète. Nos données s’arrêtent au 31 octobre : elles couvrent la saison des feux d’herbe printaniers et toute la saison des orages d’été, mais pas l’essentiel de la saison des vents d’automne et d’hiver en Californie, quand partent beaucoup de ses feux d’origine humaine.
  • Prudence avec le chiffre californien. Sur 7 073 feux californiens, 204 seulement — environ 3 % — avaient une cause déterminée. C’est assez pour figurer dans le graphique, mais cela reflète surtout le moment où les agences mettent à jour ce champ.
  • Les agences classent différemment. Certaines distinguent simplement humain et naturel ; d’autres détaillent (brûlage de déchets, engins…). Nous avons regroupé le tout en deux grandes catégories.
  • Un nombre de feux n’est pas une surface. Un feu de foudre en zone sauvage peut devenir bien plus grand qu’un feu de bord de route éteint en une heure : la part des feux d’un État ne dit rien de sa part de surface brûlée. Nous abordons ce point dans un article à part sur la taille des feux.

Pourquoi cette répartition vous concerne

Là où l’homme allume la plupart des feux, la prévention est le levier qui fonctionne vraiment. Les causes sont banales : brûler des déchets verts par temps venteux, une chaîne de remorque qui frotte sur la route, une lame de tondeuse qui heurte une pierre dans l’herbe sèche, un feu de camp mal éteint. Les éviter les jours de danger météo élevé évite la plupart des feux qui démarrent près des maisons.

Là où la foudre domine, le risque est que plusieurs feux partent en même temps, loin des routes, et grandissent pendant que les équipes sont débordées. La préparation compte alors plus que la prévention : débroussailler autour de la maison et prévoir de partir tôt.

Méthodologie : incidents américains de la base FireRadar dont la date de découverte se situe entre le 1er janvier et le 31 octobre 2026, regroupés selon la cause déclarée par l’agence source. « Naturelle » inclut la foudre. Les pourcentages excluent les feux de cause indéterminée ou manquante. Les États comptant moins de 150 feux de cause connue ne figurent pas dans le graphique.

Mots-clés

  • données
  • causes des incendies
  • foudre
  • prévention