Détection des feux
Ce feu sur la carte : incendie ou brûlage dirigé ?
Pourquoi les cartes de feux se couvrent de points chauds au printemps et à l’automne dans le sud-est des États-Unis, et comment distinguer brûlage dirigé et incendie.
Regardez une carte satellite des feux du sud-est des États-Unis à la fin de l’hiver ou à l’automne : des centaines de points chauds couvrent la Géorgie, la Floride, l’Alabama et les Carolines. Très peu sont des incendies. La plupart sont des brûlages dirigés — des feux allumés volontairement, dans des conditions planifiées, pour entretenir forêts et prairies et réduire le combustible qui alimente les incendies dangereux.
Qu’est-ce qu’un brûlage dirigé ?
Un brûlage dirigé suit un plan écrit — la « prescription » — qui fixe des limites de vent, d’humidité, de teneur en eau de la végétation et de température. Les équipes n’allument que lorsque la météo entre dans ces limites, après avoir préparé des lignes d’arrêt. L’objectif est un feu bas et lent qui élimine feuilles mortes, aiguilles et sous-bois sans tuer les arbres adultes.
Les forêts de pins et les prairies du sud-est américain ont évolué avec des feux fréquents, et la région brûle volontairement chaque année plus de surface que le reste du pays réuni. La pratique existe aussi en France : dans les Pyrénées et le pourtour méditerranéen, des cellules de brûlage dirigé, souvent associées aux pompiers et aux forestiers, entretiennent les coupures de combustible et les pâturages en hiver.
Ce que l’on voit depuis l’orbite
Un satellite ne distingue pas un feu volontaire d’un feu accidentel : il ne voit que la chaleur. Nous avons compté tous les points chauds VIIRS au-dessus du sud-est des États-Unis dans les données satellite de FireRadar cette année.
Les détections sont passées d’environ 2 100 en janvier à un pic de 5 600 en mars, se sont stabilisées autour de 3 000 par mois pendant l’été, puis sont remontées à près de 5 000 en septembre comme en octobre. Ces deux fenêtres — janvier à avril et septembre-octobre — représentent 68 % de toutes les détections des dix premiers mois de l’année. La fin de l’hiver est la saison classique des brûlages dans le Sud-Est, après la chute des feuilles et avant la reprise de la végétation. L’automne apporte une seconde vague de brûlages dirigés quand l’humidité estivale retombe, ainsi que les brûlages agricoles de la saison des récoltes, comme ceux des champs de canne à sucre en Floride.
Le calendrier se lit aussi dans l’heure des détections. Pendant les mois de brûlage — février, mars, septembre et octobre —, environ un tiers des détections provenaient du passage de début d’après-midi des satellites. En juillet, à peine 7 %. Les brûlages dirigés sont allumés de jour et s’éteignent en général le soir, si bien qu’ils apparaissent sur les passages de l’après-midi ; les détections d’été sont plus souvent nocturnes.
Pas seulement dans le Sud-Est
- Brûlages agricoles : champs de canne à sucre en Floride et en Louisiane, chaumes de riz dans la vallée du Mississippi, résidus de culture dans les Grandes Plaines — chacun produit des détections à sa saison.
- Les Flint Hills : au Kansas et en Oklahoma, les éleveurs brûlent la prairie à herbes hautes chaque printemps, au point d’envoyer de la fumée vers des villes à des centaines de kilomètres.
- L’Ouest américain : en Californie, en Oregon et dans les Rocheuses, les forêts sont de plus en plus brûlées en automne et au printemps, quand les conditions sont plus sûres qu’en été.
- L’Australie : les brûlages de réduction du combustible y sont courants. Dans le Queensland, 28 % des 8 559 incidents de nos données entre avril et octobre 2026 étaient classés par les pompiers comme des brûlages autorisés. Ils ont culminé en août, puis reculé quand le danger a grimpé en septembre.
Comment distinguer un brûlage d’un incendie
- Regardez le type d’incident. De nombreuses agences étiquettent les brûlages comme « prescribed », « planned » ou « permitted ». Sur FireRadar, touchez le feu pour voir sa fiche.
- Cherchez un incident correspondant. Un groupe de points chauds sans incident signalé à proximité, par temps calme et en saison de brûlage, est plus probablement un brûlage dirigé ou agricole. Un point chaud près d’habitations par temps venteux, sans explication, mérite attention.
- Consultez les avis de brûlage. Les services forestiers publient souvent les brûlages prévus en ligne ou sur les réseaux sociaux le matin même.
- Observez le comportement. Un brûlage apparaît de jour, reste dans un périmètre défini et s’estompe la nuit. Un incendie continue de grandir, souvent la nuit aussi.
- Regardez la météo. Les brûlages se font par vent modéré et régulier. Les jours de danger météo élevé, ils sont normalement annulés.
Et la fumée ?
Les brûlages sont programmés par une météo qui soulève et disperse la fumée, mais une partie peut quand même atteindre les villes, surtout la nuit, quand la fumée s’accumule dans les fonds de vallée. Si vous y êtes sensible, vérifiez la qualité de l’air les jours de brûlage et gardez les fenêtres fermées le soir. Notre guide sur la fumée et la qualité de l’air explique les niveaux.
Sur la carte FireRadar, vous pouvez comparer les points chauds satellite aux incidents officiels et activer la couche de qualité de l’air pour voir si la fumée vous atteint. Notre guide sur la détection des feux par satellite explique ce que signifie chaque point.
Méthodologie : détections VIIRS 375 m de la base FireRadar du 1er janvier au 31 octobre 2026, dans un cadre allant de 25° à 36,5° N et de 75,5° à 91,5° O, qui couvre la Floride, la Géorgie, l’Alabama, la Caroline du Sud et une partie des États voisins. La part des détections d’après-midi repose sur l’indicateur jour/nuit de chaque détection. Les chiffres du Queensland reposent sur la catégorie d’incident déclarée par les pompiers de l’État.